Cinq raisons pour lesquelles nous devrions tous manger des insectes

En Occident, les insectes sont des ravageurs, sources de tourments et de nombreuses industries se sont consacrées à leur destruction. Pourtant, ils pourraient être la clé de la crise alimentaire mondiale imminente. En effet, selon les responsables des nations unies, l’offre alimentaire doit doubler d’ici 2050 afin de nourrir une population estimée à 9 milliards d’habitants.

Actuellement, 2 milliards de personnes mangent des insectes comestibles dans le monde, principalement en Afrique, en Asie et en Amérique latine, où cette pratique a un précédent millénaire. Dans le monde entier, et plus spécialement dans certains pays, les coléoptères, les chenilles, les abeilles, les guêpes et les fourmis sont les espèces les plus consommées.

Voici les raisons pour lesquelles manger des insectes comestibles est une option salvatrice selon l’Organisation des nations unies.

Les insectes comestibles fournissent les nutriments nécessaires à un individu

Le rapport de la FAO constate que les criquets adultes et les sauterelles ont des niveaux de protéines comparables à ceux du bœuf cru (bien que les niveaux de protéines, de matières grasses et de fibres varient selon l’espèce et la préparation). Dans la plupart des sociétés qui se nourrissent d’insectes comestibles, ce petit bétail constitue en effet une part importante de la dose quotidienne nécessaire de protéines, de calcium, de zinc et de fer pour un individu. Cliquez sur ce lien pour avoir plus d’informations sur la consommation d’insectes comestibles en France.

Les insectes comestibles émettent moins de gaz à effet de serre que le bétail traditionnel

L’élevage du bétail traditionnel représente 18 % des émissions de gaz à effet de serre, ce qui bien plus élevé que le taux d’émissions de l’industrie du transport. Les deux industries émettent beaucoup plus de gaz à effet de serre que les producteurs de vers de farine, de criquets et de sauterelles. Les insectes comestibles libèrent également beaucoup moins d’ammoniac et de méthane que les porcs et le bétail.

Les insectes d’élevage utilisent moins de terre et d’eau que l’élevage de bétail. C’est aussi une façon d’utiliser les déchets organiques. A titre d’exemple, les Pays-Bas ont investi 1,3 millions de dollars pour trouver des moyens d’élever des insectes comestibles sur les déchets alimentaires.

Manger des insectes comestibles : C’est logique d’un point de vue économique !

Alors que les prix mondiaux des denrées alimentaires ont augmenté, le coût des aliments pour animaux a pesé sur les agriculteurs et fait grimper les prix de la viande. Parce qu’ils ont le sang froid, les insectes comestibles ont besoin de moins d’énergie pour rester au chaud et sont donc plus efficaces pour convertir les aliments en protéines. Les grillons, par exemple, ont besoin de 12 fois moins d’aliments que les bovins, 4 fois moins que les moutons et la moitié moins que les porcs et les poulets de chair pour produire la même quantité de protéines. En outre, le coût de la collecte des insectes comestibles, comme c’est le cas dans les pays en développement, ou de leur production à grande échelle est relativement faible.

Les insectes comestibles sont moins susceptibles de nous rendre malades

Les insectes comestibles sont taxonomiquement éloignés des humains, ce qui les rend moins susceptibles de transmettre des maladies. C’est une bonne chose à une époque où des maladies d’origine alimentaire comme le H5N1 et la maladie de la vache folle font ravage. Même ainsi, toute production de masse de bétail comporte des risques de maladies inconnues. Les auteurs du rapport de la FAO reconnaissent la nécessité d’effectuer davantage de recherches pour déterminer les risques potentiels des insectes comestibles pour la santé.

Les insectes comestibles sont partout

Il y a des insectes comestibles qui vivent dans les forêts, les terres agricoles et l’eau. Bien que la destruction de l’habitat et les changements climatiques rendent la viabilité de cette population incertaine, il y a plus de 1 900 espèces d’insectes comestibles dénombrés par les spécialistes actuellement.

Selon des statistiques établis par l’organisation des nations unies, les humains ingèrent déjà involontairement environ 500g d’insectes par an, mélangés à d’autres aliments. Les insectes font même leur apparition dans les menus des restaurants occidentaux haut de gamme. C’est ce qui influence d’ailleurs ce type de consommation dans la société. Néanmoins, il faudrait beaucoup de travail de la part des meilleurs chefs pour changer cette norme culturelle. En effet, les gens sont encore très réticents à l’idée de manger des insectes comestibles, ni même de tenter juste l’expérience.

Parmi les premiers essais figurent la consommation et l’appréciation du poisson cru. Ce n’est pas encore très évident mais les gens commencent petit à petit à adhérer à l’idée de manger des choses inhabituelles. Ce sera encore plus dur, mais ce n’est pas impossible. Pour certains, afin d’ouvrir les palais occidentaux aux insectes comestibles, il faudrait déjà commencer par leur trouver de meilleurs noms. Évidemment, pour que cela colle, il faudrait déjà qu’ils aient l’air appétissant.

Correction : Une version précédente de ce document faisait référence au SRAS en tant que maladie d’origine alimentaire. C’est une maladie zoonotique.

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